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                           Pour vivre ici

     

    Je fis un feu, l’azur m’ayant abandonné,
    Un feu pour être son ami,
    Un feu pour m’introduire dans la nuit d’hiver
    Un feu pour vivre mieux.

     

    Je lui donnai ce que le jour m’avait donné :
    Les forêts, les buissons, les champs de blé, les vignes,
    Les nids et leurs oiseaux, les maisons et leurs clés,
    Les insectes, les fleurs, les fourrures, les fêtes.

     

    Je vécus au seul bruit des flammes crépitantes,
    Au seul parfum de leur chaleur;
    J’étais comme un bateau coulant dans l’eau fermée,
    Comme un mort je n’avais qu’un unique élément.

     

    Paul Éluard

     

     

     

     

     

     


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    L'ÉCOLE

     

    Dans notre ville, il y a
    Des tours, des maisons par milliers,
    Du béton, des blocs, des quartiers,
    Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
    Tout bas.

     

    Dans mon quartier, il y a
    Des boulevards, des avenues,
    Des places, des ronds-points, des rues
    Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
    Tout bas.

     

    Dans notre rue, il y a
    Des autos, des gens qui s'affolent,
    Un grand magasin, une école,
    Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
    Tout bas.

     

    Dans cette école, il y a
    Des oiseaux chantant tout le jour
    Dans les marronniers de la cour.
    Mon cœur, mon cœur, mon cœur qui bat
    Est là.

     

    Jacques CHARPENTREAU (1928 - 1987)

     

     

     


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